A l'âge où le coeur ressemble à un bel artichaut, il faisait figure d'extra-terrestre à préférer Pat Métheny ou Bela Bartok aux bluettes sans lendemain qui distillaient en boucle les ondes affectionnées par ses conscrits. Pour autant quelques pépites de la mémoire collective semblent avoir trouvé grâce à ses oreilles puisqu'il leur rend un hommage réjouissant. après s'être attaché à l'aridité de Buzzati, au pessimisme flamboyant de Pavese, aux madrigaux d'un prince assassin, David Chevalier revisite la pop anglo-saxonne! Les Beatles, U2, Tears for fears ou Jeff Buckley y reconnaîtrait à peine leurs petits. Même Duran Duran a droit à une version pour sax sopranino, deux trombones et un banjo pour son Ordinary world. Is that pop music?
Un brin provocateur, le titre du concert dit tout de digressions volontaires qui conservent pourtant les mélodies et les paroles des ces standards archi connus. Harmonique, rythmique, orchestration, la réécriture de David Chevallier n'a rien laissé au hasard, sinon le souffle possible de l'improvisation pour laquelle il sait pouvoir compter sur le talent et la verve de ses compagnons de longue toute comme sur ceux des petits nouveaux bienvenus dans ceette aventure.
Tous savent poser sur ces chansons l'empreinte de personnalités humaines et musicales hautes en couleur. Comme de bien entendu, Charolles exulte à jouer de sa complicité ancienne avec la plupart des musiciens, à commencer par Chevallier qu'il connaît du bout de ses baguettes et dont il soutient les solos enflammés. Le batteur fait usage de son habituel attirail hétéroclite pour explorer les tréfonds d'un binaire languissant ou, au contraire, faire feu de tout bois lorsqu'il retrouve fougueuses envolées d'un Monniot ahurissant au soprano.
Cette connivence permet notamment de merveilles de contrepoints dans She Said, She Said, de Lennon. Inattendu parce qu'on ne lui connaissait pas ce potentiel confondant, Linx apporte sa justesse, la richesse de son timbre et son exceptionnelle maîtrise rythmique à l'entreprise, décompose les paroles en scats ampeccables et s'appuie tour à tour sur les éclats du trombone ou les tirades du saxophone. Le tuba de Massot, infatiguable, jubile à entonner Mesage in the Bottle, le pivot visiblement récréatif de ce concert festif!
Plein tarif 20€
Tarif réduit 11€ (Abonnés 7++, Moins de 26 ans, Demandeurs d'emploi, étudiants de moins de 30 ans, Bénéficiaires de RSA)
moins de 13 ans 7€
Abonné 4++ 14€
Abonné 5++ 9€
Abonné 3++ 6€
vendredi 1 avril 2011 I 20h45
Entretien avec David Chevallier, culturejazz.net, février 2010