L’artiste à la voix flûtée et aux semelles de vent, aime les détours. Depuis Mes hommages, ces dix dernières années l’ont surtout vu en poète voyageur, en Russie et à La Havane. On l’aperçut même un temps sous un tipi à quelques miles du cercle polaire. Le chanteur migrateur a glané au fil de ses escapades les brumes et les éclats de nouvelles confidences : des poèmes buissonniers qu’il nous offre sur les cordes de sa guitare.
Peut-on dire que Nilda Fernández revient ? Il est si souvent parti, si souvent ailleurs, si souvent de passage. L’homme cultive l’éphémère, pour ce qu’il a d’unique et de brûlant dans la rencontre de l’autre : «Je ne finirai jamais de justifier mes hasards». Né à Barcelone, c’est à Lyon, puis à Toulouse, et enfin dans sa ville natale, que son père, sculpteur et mélomane autodidacte, le pousse à apprendre la guitare et le piano. Jeune homme, il arpente les petites salles de concerts jusqu’à ce que Léo Ferré le prenne sous son aile. Le titre Madrid, Madrid révèle sa voix androgyne. Puis en 1991 le succès de Nos fiançailles lui apporte la célébrité. Il est élu meilleur espoir masculin aux Victoires de la musique, et l’album reçoit le Grand Prix de l’Académie Charles-Cros. En 1994, il part pour une série de récitals en Argentine où il chante un duo avec Mercedes Sosa. L’année suivante, il publie un roman Ça repart pour un soliloque. Entre 1996 et 1998, ses musiciens et lui parcourent la France en roulotte. Il participe ensuite à l’album de Sam Mangwana. En 1999, l’album Castelar 704 met en musique des poèmes de Federico García Lorca. Puis il reprend des titres de Léo Ferré, Barbara, Dutronc, Polnareff, Jane Birkin, Annegarn, sur l’album Mes hommages. Depuis, à Moscou, il a vécu et chanté plusieurs années. A Cuba, il a monté un spectacle avec des artistes de cirque.
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vendredi 20 mai 2011 I 20h45
Nilda Fernandez, Ti amo
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